Le parcours 2012
Première partie du Marius Tour 2012
C'est sur le chemin qu'a parcouru, en 1878, le célèbre auteur de "L'île au Trésor" que se déroulera la première partie du Marius Tour 2012. Un chemin qui traverse les plus beaux paysages du parc national des Cévennes, reliant la Haute-Loire au Gard, Puy-en-Velay à Alès. Durant 250 km nous traverserons la Haute-Loire, les plateaux volcaniques de la basse Auvergne, le Gévaudan et le Mont-Lozère, à travers les paysages splendides des Cévennes jusqu'au pays camisard et Saint Jean du Gard.
Le départ de ce périple, toujours au profit de l'association Solidarité Elisa, est prévu le jeudi 10 mai 2012 au Puy en Velay après un transport en van. Retour à la maison le lundi 28 mai ...
Le départ de ce périple, toujours au profit de l'association Solidarité Elisa, est prévu le jeudi 10 mai 2012 au Puy en Velay après un transport en van. Retour à la maison le lundi 28 mai ...
lundi 14 mai 2012
Jour 6/ Un pied dans la Lozère
Il a fait très froid cette nuit. Deux polaires et le gros duvet n'ont pas suffit à me réchauffer. Je n'ai jamais eu aussi froid même dans le Vercors. Et ce matin, bien que j'aie trouvé un endroit à l'abri du vent, il y a de la gelée dans le champ ! Brrrrr !!!
Debout donc à 6h30 et départ vers 8H30. On garde le rythme.
Je rencontre en chemin une petite dame, déjà croisée au Puy, avec qui je discute. Elle me raconte ses problèmes de santé qui l'obligent à marcher sans son sac, sur ordre des médecins, ce qui la rend bien triste!
J'arrive à Langogne vers 10H. C'est une grande ville et j'imagine que quand Stevenson l'a traversée, elle était plus modeste et que son chemin ne passait pas dans la zone industrielle à l'entrée !!!
Je traverse le pont de l'Allier. Un peu tendu sur la nationale où il y a pas mal de circulation, je vais quand même visiter la ville de Langogne. C'est une vieille et belle ville, avec de beaux vestiges et des monuments imposants.
"Au confins de la Lozère, à laquelle elle appartient, de l'Ardèche et de la Haute-Loire, Langogne a conservé tout un ensemble de maisons très représentatif de l'architecture urbaine du Moyen Age. Ces maisons sont pour la plupart disposées en cercle autour de l'église St Gervais et St Protais. Cet édifice roman a été remanié aux XVème et XVIIème siècles. "
La halle aux grains est magnifique : "En 1743, Dom Ambroise de Fleury, Prieur de la ville, fait construire le Halle, avec ses quatorze piliers, une des plus grandes conservée en France. C'est un lieu d'échange de céreales, de produits fermiers, cuir, laines de pays, contre chataîgnes des Cévennes, vins et huiles de Provence et d'autres marchandises venues du Midi et de la Méditerranée. Classée "monument historique", massive,elle abrita les importantes transactions de grains qui se faisaient à cette époque. De nos jours, elle accueille les marchés hebdomadaires et diverses manifestations traditionnelles."
Il y a aussi une église du XII ème siècle bâtie sur un monastère construit en 998, avec sa " place des moines" et les vestiges des remparts effondrés lors des guerres de religion, ce qui a permis à la ville de s'étendre hors les murs. Pour davantage d'informations sur le passé historique de Langogne, vous pouvez consulter ce site.
Je retrouve le groupe de randonneurs rencontrés au gîte et nous prenons un café ensemble.
Pour sortir de Langogne, nous commençons par un peu de goudron. Il faut redescendre dans la vallée puis regrimper vers le village de St Flour de Mercoire, très animé par une compagnie : "LHermine de rien" et le théâtre de l'Arentelle. Une association qui vit aussi de la location de gîtes, une bonne manière de survivre dans ces contrées!
Nous avons changé de région, nous voilà en Lozère, dans le Gevaudan.
Les paysages sont différents : finies les pierres volcaniques et la terre rouge, ici la roche est granitique avec d'énormes blocs de granite qui balisent les chemins et bordent les routes. Ces mêmes pierres font le charme des maisons anciennes, très belles, massues, comme des forteresses.
Après le déjeuner, sur le chemin, je découvre beaucoup de bois de pins et de hêtres, une autre végétation que celle rencontrée auparavant. La végétation est plus avancée qu'en Haute Loire, les prairies sont très vertes aussi et envahies de jonquilles. J'ai même vu des hectares et des hectares de pissenlits ! C'est très impressionnant pour moi et c'est un régal pour Marius !
La température est remontée et je passe du petit pull au tee-shirt dès que le vent se calme. Il y a énormément de cours d'eau ici, au grand désespoir de Marius, mais les chemins sont bien larges et très praticables.
Je sens que Marius a bien récupéré de sa nuit agitée et qu'il marche à bonne allure.
A l'entrée du village de Fouzillac, un troupeau de vaches occupe le chemin. Ce qui crée un peu de difficulté pour mon compagnon, intimidé par ces vaches qui font les fières. Elles le regardent dans le blanc des yeux et nous laissent passer paisiblement...A Fuzillac, une dame me donne les 2 € qu'elle a sur elle pour l'association. A ce propos, les dons ne sont pas très abondants, ni en chemin, ni sur le blog.
Il semble, d'après son récit, que Stevenson n'ait pas été très bien accueilli à Fuzillac et qu'il a du dormir dans des marais !
Après Fuzillac, nous traversons un joli bois de hêtres et vers 18H nous arrivons au Cheylard l'Evêque, petit village typique avec sa mairie, sa chapelle, ses maisons traditionnelles..et au milieu, coule une rivière.
Je retrouve à nouveau mes amis randonneurs et Méry, l'écossais qui est pourtant sensé marcher plus vite que nous. Méry trouve étrange qu'en France, on s'intéresse tant à Stevenson car "pour les écossais, ce n'est pas un personnage particulièrement intéressant !! " Je lui réponds que " ce n'est pas Stevenson qui m'intéresse mais le chemin de 250km ! "
Il me raconte aussi que Stevenson a écrit qu'au Monastier, il n'y avait que des alcooliques et que même les femmes buvaient en cachette !! Méry a retrouvé là bas la petite fille d'un cafetier qui le lui aurait confirmé. Je lui laisse la responsabilité de ses propos !!!
Cheylard L'Evêque est un tout petit village, mais il y a un bar (sans rapport avec la remarque ci dessus !) qui est un lieu de vie sociale où les villageois se retrouvent.
Après le Cheylard, je continue pour rattraper un peu le retard sur l'itinéraire. J'attaque une grosse montée dans un bois de pins, puis redescend dans la vallée. Impossible de dormir là : il y a une rivière, c'est humide et froid et l'herbe n'est pas assez abondante pour Marius. Je regrimpe donc à nouveau sur l'autre flanc et j'arrive à Espradels vers 21H. Là il y a un beau champ qui fera l'affaire pour passer la nuit.
Nous avons parcouru environ 24km aujourd'hui et rattrapé une demi journée sur le planning.
C' est pas mal et pas trop difficile car les chemins sont plutôt praticables jusque là.
Ah oui ! Une dernière chose : je crois que Marius commence à se rendre compte que je ne partirais pas sans lui !!!
dimanche 13 mai 2012
Aux portes du Gevaudan
J'ai dormi au chaud mais pas si tranquille car Marius était dehors et je sais qu'il n'aime pas quand je suis loin de lui. Aussi je me lève dès 6H pour aller le voir car j'étais un peu inquiet. Je l'entendais braire...
Nous reprenons la route tous les deux vers 9H après le petit déjeuner. J'ai une journée de retard, mais comme dirait Marius : "Qu'est-ce que c'est qu'une journée dans une vie?". Je prends une photo de la statue en bois représentant Stevenson et Modestine et nous commençons un long chemin un peu monotone, mais facile, sur le plateau, à 1000m, entre les bassins de la Loire et de l'Allier. Je pense à Stevenson qui marchait sous une chaleur torride tandis que nous, on se gèle !!! Les marcheurs portent gants et bonnets. Par manque de temps, nous n'aurons pas vu le lac du Bouchet, un lac de cratère, qui se trouve à 1,5km de là.
Parfois, le ciel se dégage un peu et quelques rayons de soleil viennent nous réchauffer.
Nous faisons nos six premiers kilomètres tranquillement, sur un chemin large bordé de champs et arrivons à Landos vers 11h. Landos (et ses environs) est un territoire assez dépeuplé à cause de l'exode rural en 1914 et dans les années 50, des droits à la retraite des agriculteurs...Il y a quand même ici une épicerie, un bar-tabac, une poste, qui desservent tout le canton. On peut voir aussi une église romane très massive, construite ainsi en raison du climat très rude de cette région. Les guides expliquent que l'hiver est si froid que neige et vent provoquent des congères et qu'il n'était pas rare de trouver des voyageurs perdus et morts de froid et de faim sur ces routes, encore récemment...C'est rassurant !!!!
Bon, on continue ? A 3 km de Landos, j'arrive dans le petit village de Jagonas et là , j'ai l'impression que le temps s'est arrêté. Le village est si rustique, la plupart des maisons si anciennes et pas du tout restaurées qu'on se demande si l' on ne fait pas un voyage dans le temps ! C'est impressionnant !!! Au coeur du village, les habitations sont éparpillées, en ruines, à vendre, fermées...En périphérie, on voit quand même quelques maisons rénovées....
J'y pense encore en continuant de marcher et je m'aperçois qu'un homme nous suit et nous filme.
Il nous rejoint. C'est un écossais ( encore!), un monsieur d'un certain âge, et avec mon anglais approximatif et son français un peu plus élaboré, nous entamons la conversation. Il me dit que tous les petits écossais connaissent la région pour avoir lu le livre de Stevenson! Il est très gentil et nous avançons ensemble jusqu'à Arquejol où nous nous arrêtons pour manger un morceau. Il fait don de 10€ pour l'association Elisa.
.
Pendant que nous mangeons dans un pré, Marius s'est couché et fait la sieste. Je devine qu'il n'a pas du bien dormir cette nuit car il ne me voyait pas. Alors, je le laisse se reposer un peu et attends qu'il récupère avant de repartir.
Dans Arquejol, il y a un petit coin pour accueillir les marcheurs. Il a été aménagé comme une aire de pique nique ouverte, dans la propriété d'un couple. On peut s'installer pour manger et y consommer quelques boissons. Le propriétaire du lieu, qui a créé cet espace, est féru d'Histoire. Il s'occupe du musée de la Bête du Gevaudan et de Stevenson...et édite des ouvrage sur l'Histoire du Gévaudan comme "La Tanière de la Bête" "Sur les traces de la Bête..." qu'on peut découvrir sur ce site.
Il a créé aussi "le sentier de la Bête" un itinéraire de randonnée de 300km, et qui parcourt des lieux historiques et des lieux de légendes, parsemés de gens égorgés, blessés, tués par la Bête ou encore celle de la pucelle du Gevaudan qui aurait blessé la Bête avec une lance...
Des américains, grands randonneurs, qui ont fait ce chemin, l'ont trouvé si magnifique ( "un des plus beaux de leur vie") en ont même fait un article qui est affiché chez ce monsieur.
Je prends donc un café ici en écoutant ces récits extraordinaires, sur leur terrasse.
A nouveau sur la route vers 16h, j'arrive à Pradelles vers 18h 30.
Les chemins sont très changeants, surtout en couleurs : rouges, gris, verts, tantôt pierriers, tantôt pavés, tantôt terre battue...
On a une magnifique vue sur la vallée et le lac de Laussac (1100 ha), créé par un barrage et servant de réservoir pour soutenir l'étiage de l'Allier et de la Loire. Pour construire le barrage, le village du Vieux Laussac a été englouti.
Il fait toujours aussi froid par ici : j'ai mes deux polaires et un coupe-vent. Seules les parties un peu encaissées et abritées sont plus clémentes.
Arrivé à Pradelles, qui domine la vallée de l'Allier, je relis un passage de Stevenson : " Pradelles se dresse à flanc de coteau, très haut au dessus de l'Allier, entouré de riches prairies en pente. J'étais maintenant à l'extrémité du Velay et tout ce que j'apercevais appartenait à un autre pays : le Gevaudan sauvage..."
Je ne comptais pas trop m'arrêter à Pradelles, pour essayer de rattraper l'itinéraire, mais c'est une ville si riche en Histoire que j'y suis resté quand même assez longtemps. Les guerres de religion y occupent une grande place. "Pradelles est une ancienne place forte. Chemin de transhumance entre le Languedoc et le Massif Central, la voie Regordane, fit de la cité un carrefour où se négociait le sel, le vin ..., et même des munitions durant les guerres de religion". Pradelles est une petite capitale de montagne, rattachée au Vivarais. Dans ses rues tortueuses, de nombreux vestiges racontent son histoire.C'est un site classé, au passé riche. La principale histoire est celle de cette petite fille, Jeanne La Verde, qui a jeté une pierre du haut d'un rempart et assommé le capitaine des assaillant protestants, provoquant la fuite de l'armée.
C'était le 10 mars 1588 et aujourd'hui une porte de la ville, nommé la Verdette en sa mémoire, est ornée de sculptures représentant la scène. C'est en quelque sorte la Jeanne d'Arc de Pradelles !!!!
On y trouve aussi une plaque indiquant "la maison d'Henri IV", un hospice, hôpital routier, extra muros qui au Moyen Âge, accueillait les pèlerins en route pour St Gilles, mis un peu à l'écart pour éviter la contagion...
Et tout en haut du village, sur la bute du Calvaire, une table d'orientation permet de situer les trois régions, anciennes provinces : le Velay, le Gevaudan, le Vivarais et au loin, le Mont Lozère qui m'attend les jours prochains ! Vous comprenez pourquoi je me suis attardé parmi ces vieilles maisons en pierre de taille grises, magnifiques !
Un seul regret : trop de voitures dans la ville, qui cachent les monuments et empêchent de prendre des photos.
Pour sortir de Pradelles, c'est un peu compliqué...Je retrouve enfin le GR en passant par la porte sud de la cité: le portail du Besset.
Et me revoilà sur le chemin de St Gilles sur lequel je parcours encore 4 km pour me rapprocher de Langogne.
On a fait 25km aujourd'hui, sans compter les allers et retours dans les villages...Moi aussi, je vais me coucher !!!
Nous reprenons la route tous les deux vers 9H après le petit déjeuner. J'ai une journée de retard, mais comme dirait Marius : "Qu'est-ce que c'est qu'une journée dans une vie?". Je prends une photo de la statue en bois représentant Stevenson et Modestine et nous commençons un long chemin un peu monotone, mais facile, sur le plateau, à 1000m, entre les bassins de la Loire et de l'Allier. Je pense à Stevenson qui marchait sous une chaleur torride tandis que nous, on se gèle !!! Les marcheurs portent gants et bonnets. Par manque de temps, nous n'aurons pas vu le lac du Bouchet, un lac de cratère, qui se trouve à 1,5km de là.
Parfois, le ciel se dégage un peu et quelques rayons de soleil viennent nous réchauffer.
Nous faisons nos six premiers kilomètres tranquillement, sur un chemin large bordé de champs et arrivons à Landos vers 11h. Landos (et ses environs) est un territoire assez dépeuplé à cause de l'exode rural en 1914 et dans les années 50, des droits à la retraite des agriculteurs...Il y a quand même ici une épicerie, un bar-tabac, une poste, qui desservent tout le canton. On peut voir aussi une église romane très massive, construite ainsi en raison du climat très rude de cette région. Les guides expliquent que l'hiver est si froid que neige et vent provoquent des congères et qu'il n'était pas rare de trouver des voyageurs perdus et morts de froid et de faim sur ces routes, encore récemment...C'est rassurant !!!!
Bon, on continue ? A 3 km de Landos, j'arrive dans le petit village de Jagonas et là , j'ai l'impression que le temps s'est arrêté. Le village est si rustique, la plupart des maisons si anciennes et pas du tout restaurées qu'on se demande si l' on ne fait pas un voyage dans le temps ! C'est impressionnant !!! Au coeur du village, les habitations sont éparpillées, en ruines, à vendre, fermées...En périphérie, on voit quand même quelques maisons rénovées....
J'y pense encore en continuant de marcher et je m'aperçois qu'un homme nous suit et nous filme.
Il nous rejoint. C'est un écossais ( encore!), un monsieur d'un certain âge, et avec mon anglais approximatif et son français un peu plus élaboré, nous entamons la conversation. Il me dit que tous les petits écossais connaissent la région pour avoir lu le livre de Stevenson! Il est très gentil et nous avançons ensemble jusqu'à Arquejol où nous nous arrêtons pour manger un morceau. Il fait don de 10€ pour l'association Elisa.
.
Pendant que nous mangeons dans un pré, Marius s'est couché et fait la sieste. Je devine qu'il n'a pas du bien dormir cette nuit car il ne me voyait pas. Alors, je le laisse se reposer un peu et attends qu'il récupère avant de repartir.
Dans Arquejol, il y a un petit coin pour accueillir les marcheurs. Il a été aménagé comme une aire de pique nique ouverte, dans la propriété d'un couple. On peut s'installer pour manger et y consommer quelques boissons. Le propriétaire du lieu, qui a créé cet espace, est féru d'Histoire. Il s'occupe du musée de la Bête du Gevaudan et de Stevenson...et édite des ouvrage sur l'Histoire du Gévaudan comme "La Tanière de la Bête" "Sur les traces de la Bête..." qu'on peut découvrir sur ce site.
Il a créé aussi "le sentier de la Bête" un itinéraire de randonnée de 300km, et qui parcourt des lieux historiques et des lieux de légendes, parsemés de gens égorgés, blessés, tués par la Bête ou encore celle de la pucelle du Gevaudan qui aurait blessé la Bête avec une lance...
Des américains, grands randonneurs, qui ont fait ce chemin, l'ont trouvé si magnifique ( "un des plus beaux de leur vie") en ont même fait un article qui est affiché chez ce monsieur.
Je prends donc un café ici en écoutant ces récits extraordinaires, sur leur terrasse.
A nouveau sur la route vers 16h, j'arrive à Pradelles vers 18h 30.
Les chemins sont très changeants, surtout en couleurs : rouges, gris, verts, tantôt pierriers, tantôt pavés, tantôt terre battue...
On a une magnifique vue sur la vallée et le lac de Laussac (1100 ha), créé par un barrage et servant de réservoir pour soutenir l'étiage de l'Allier et de la Loire. Pour construire le barrage, le village du Vieux Laussac a été englouti.
Il fait toujours aussi froid par ici : j'ai mes deux polaires et un coupe-vent. Seules les parties un peu encaissées et abritées sont plus clémentes.
Pradelles
Arrivé à Pradelles, qui domine la vallée de l'Allier, je relis un passage de Stevenson : " Pradelles se dresse à flanc de coteau, très haut au dessus de l'Allier, entouré de riches prairies en pente. J'étais maintenant à l'extrémité du Velay et tout ce que j'apercevais appartenait à un autre pays : le Gevaudan sauvage..."
Je ne comptais pas trop m'arrêter à Pradelles, pour essayer de rattraper l'itinéraire, mais c'est une ville si riche en Histoire que j'y suis resté quand même assez longtemps. Les guerres de religion y occupent une grande place. "Pradelles est une ancienne place forte. Chemin de transhumance entre le Languedoc et le Massif Central, la voie Regordane, fit de la cité un carrefour où se négociait le sel, le vin ..., et même des munitions durant les guerres de religion". Pradelles est une petite capitale de montagne, rattachée au Vivarais. Dans ses rues tortueuses, de nombreux vestiges racontent son histoire.C'est un site classé, au passé riche. La principale histoire est celle de cette petite fille, Jeanne La Verde, qui a jeté une pierre du haut d'un rempart et assommé le capitaine des assaillant protestants, provoquant la fuite de l'armée.
Gravée dans la pierre, l'histoire de Jeanne La Verde
C'était le 10 mars 1588 et aujourd'hui une porte de la ville, nommé la Verdette en sa mémoire, est ornée de sculptures représentant la scène. C'est en quelque sorte la Jeanne d'Arc de Pradelles !!!!
On y trouve aussi une plaque indiquant "la maison d'Henri IV", un hospice, hôpital routier, extra muros qui au Moyen Âge, accueillait les pèlerins en route pour St Gilles, mis un peu à l'écart pour éviter la contagion...
Et tout en haut du village, sur la bute du Calvaire, une table d'orientation permet de situer les trois régions, anciennes provinces : le Velay, le Gevaudan, le Vivarais et au loin, le Mont Lozère qui m'attend les jours prochains ! Vous comprenez pourquoi je me suis attardé parmi ces vieilles maisons en pierre de taille grises, magnifiques !
Un seul regret : trop de voitures dans la ville, qui cachent les monuments et empêchent de prendre des photos.
Pour sortir de Pradelles, c'est un peu compliqué...Je retrouve enfin le GR en passant par la porte sud de la cité: le portail du Besset.
Et me revoilà sur le chemin de St Gilles sur lequel je parcours encore 4 km pour me rapprocher de Langogne.
Derniers kilomètres
Un champ ! Je débâte Marius, je lui donne à boire et son pain de sel, je monte ma tente...Marius se roule un peu dans le champ et.. se couche près de la tente !! Comme un chien , il monte la garde, rassuré de me voir près de lui !On a fait 25km aujourd'hui, sans compter les allers et retours dans les villages...Moi aussi, je vais me coucher !!!
samedi 12 mai 2012
Jour4/ Dans le brouillard
Ce matin, grasse matinée jusqu'à 6h15 !!!Je me lève tôt d'abord parce que la pluie est annoncée et ensuite comme je n'ai pas demandé la permission de dormir là, je préfère éviter la rencontre avec le propriétaire ou son troupeau !!
Le temps de tout ranger et on démarre vers 8H. Arrivé au village, je cherche l'épicerie...je tourne, je déambule dans toutes les ruelles, rien ! Je vois une pierre gravée : "Sous cet arbre, Stevenson s'est arrêté."
Je demande à une dame que je croise. Elle me dit : "Il n'y a pas de café, ni d'épicerie ici, il faut aller à Ussel, c'est à une kilomètre et demi..." Quoi ? Je ne suis pas à Ussel ? La dame, très aimable, m'invite chez elle à boire le café.Elle s'appelle Catherine et son mari Hilaire. Ils ont un petit garçon de 3 ans et sont écolos. Ecolos au quotidien. Attentifs à la qualité de leur nourriture, de l'eau, de l'environnement, et éduquent leur fils dans cet esprit. D'ailleurs, j'apprécie les tartines de pain aux céréales recouvertes de confiture maison !
Un régal !!Nous parlons "écologie" un bon moment, puis je rebâte Marius donc les sacoches ont glissé et nous repartons tous les deux. Je cherche la sortie du village, en suivant le GR et nous marchons.
Il y a du brouillard, le ciel est bas et j'entends le tonnerre au lointain. Puis une forte averse nous tombe dessus. Je ne comprends pas pourquoi nous n'arrivons pas à Ussel... nous avons fait plus d'un kilomètre et demi...!!!
Alors je branche le GPS, je ressors la carte et je m'aperçois que je suis dans la direction opposée !!!!
Zut !!! En fait j'ai pris le GR 40 au lieu du GR 70 et cette pierre m'indiquant que Stevenson s'était arrêté là n'a fait que confirmer mon erreur d'aiguillage !
Bon, ben ...j'ai plus qu'à faire demi-tour et au retour, on reprend la même averse au même endroit !!
A croire qu'elle nous a attendus, celle là !!
Vers une 12h45, j'ai faim ! Nous sommes enfin à Ussel et il y a là un petit restaurant : "Chez Monique". Pas très sympa, l'accueil. Je demande à manger dehors pour avoir un oeil sur Marius. Et j'attends. 10 mn. Je redemande à être servi. Et j'attends encore 10mn. Personne ne s'occupe de moi. Du coup, je me lève et je pars sans manger, malgré les protestations de la patronne "qui m'avait oublié" !!!
Chemin faisant, je rencontre un écossais, Méry, qui me confirme que ce restaurant n'est pas accueillant. Nous marchons un peu ensemble.Je lui demande son avis sur ce qu'écrivait Stevenson, à savoir que le Velay ressemble à l'Ecosse. Il répond "oui, un peu, mais plus du tout quand on descend vers le sud".
A Ussel, si l'on en croit la légende, "le bât de l'ânesse Modestine a mordu la poussière et Stevenson a du porter lui-même son bagage, sous les sarcasmes des gens du pays.."
Méry a fait 2 fois le chemin de Compostelle et là il découvre le chemin de Stevenson. Il marche bien et vite. Moi je trouve un pré bien vert et je m'arrête pour manger enfin vers 13h30 !!!
Je reprends la route dans le froid et le brouillard qui s'épaissit de plus en plus. On n'y voit pas à 50m. Ambiance très étrange. J'ai du mal à me repérer, je ne vois pas les paysages. Impression d'être dans une bulle de nuages, dans un autre monde, un peu comme dans les films fantastiques ! Les chemins sont beaux et praticables, bien que très mouillés, je suis sur des plateaux donc plutôt plats avec de temps en temps une bonne côte où il faut mettre un coup de collier, comme pour arriver à Bargette, à 1085m, avec un beau dénivelé. Bargette dans la brume ressemble à un village fantôme, silencieux. J'ai besoin d'eau et je frappe aux portes. Personne ne répond. Il y a pourtant des voitures devant les maisons. J'entends un son de télévision, mais dès que je frappe, le son s'arrête. Etrange impression. Enfin une porte s'ouvre et un jeune homme remplit mes gourdes.
Après Bargette, heureusement, il y a un tunnel qui permet de traverser sous la départementale, car traverser une route avec ce brouillard qui semble aussi étouffer les bruits, m'inquiétait un peu. J'avance et je devine que je passe près du lac de Péchet car il y a une pancarte qui l'indique, mais je ne vois rien, j'entends seulement quelques grenouilles.C'est assez surréaliste ! Et dommage pour le lac ! Je prends quelques photos et dans mon objectif, j'aperçois une silhouette humaine. Je sursaute. On a l'impression d'être seul dans un tel paysage ! Le jeune homme s'approche : c'est un randonneur qui fait le "Stevenson "aussi . Il vient d'Aix les Bains.Nous continuons ensemble, en faisant attention à ne pas nous perdre car il est facile de se tromper de chemin avec le peu de visibilité que nous avons.
Nous sommes dans un pays de volcans, avec ses pierriers et la terre qui change souvent de couleur ici. Elle est tantôt rouge, tantôt noire ou grise, quand elle est volcanique.
Au flanc de la montagne de Preyssac, nous passons près d'une carrière volcanique en activité d'où l'on extrait la pouzzolane, pierre légère qui sert à la décoration des massifs mais aussi au filtrage des fosses septiques.
Vers 17h30, nous arrivons au Bouchet St Nicolas ( 1025m) et je jeune homme décide de s'arrêter là dans un gite. Avec Marius, on fait une pause un peu plus loin, sur une place. Je change mes chaussettes qui sont trempées et pleines de boue. J'ai les pieds gelés.Si je continue, je sens que je vais attraper une bonne crève. Je décide de rejoindre le gite que le jeune homme m'a indiqué, pour y passer la nuit. Je pourrais me réchauffer et surtout , faire sécher les sacs et toutes les affaires qui sont trempées.
Dans ce gite de La Retirade nous sommes très bien accueillis. La "retirade" signifie en patois : "gite très chaleureux loin de chez soi" et c'est le cas! Emilie en est la gérante et l'accueil est vraiment très sympathique !
Le jeune couple est chaleureux et pour 30€, ils offrent un repas succulent et une nuit en dortoir. Marius est accueilli dans un pré derrière la maison. Là, je retrouve l'écossais Méry et le jeune homme rencontré l'après midi. Repas convivial avec des randonneurs et nous parlons d'ânes, de randonnées, de Stevenson....Le repas est délicieux, les convives chaleureux et ça réchauffe le corps et le coeur après une journée passée dans le brouillard et le froid.
vendredi 11 mai 2012
Jour 3/ Quelques grimpettes !
Il fait frais ce matin quand je me lève à 6h30. Je range tente et bagages, mais je garde quand même le réchaud pour me faire un thé bien chaud.
A 8h30, on lève le camp et nous voilà repartis sur le GR. En chemin, je fais la rencontre d'un groupe de randonneurs : trois femmes (qui sont soeurs) et un homme du Nord de la France, un ch'ti ! Ils marcheront avec nous jusqu'à Monastier, par un très beau chemin. Pour eux aussi, c'est leur première rando sur le chemin de Stevenson.
Je fais un break et m'arrête pour acheter du pain à Monastier sur Gazeille, village de départ de Stevenson. Un lieu qui divise le village puisqu'il y a deux pancartes contradictoires indiquant précisément le lieu d'où il est parti avec son ânesse...et pas au même endroit, évidemment !!!!
Le village est un peu tristounet, personne sur les places, seuls les randonneurs circulent dans les ruelles où pourtant les volets sont ouverts !
Un cavalier qui est depuis longtemps dans la région et avec qui je discute, me dépeint les habitants comme n'aimant pas trop les randonneurs, un peu fermés, disant qu'ils clôturent tout ! Pour l'instant, je n'ai eu pas de souci particulier, et ce n'est pas la première fois que je vois des champs clôturés, ici pas plus qu'ailleurs !
Je peux comprendre pourtant que les paysans et les éleveurs n'aient pas envie de voir leurs champs piétinés par des visiteurs indélicats comme il en existe aussi !
Ce qui me gêne le plus, moi , c'est le côté "commercial" du chemin de Stevenson! Le filon est bien exploité !
Les gîtes et la nourriture sont chers, comme en témoignent les randonneurs que j'ai pu rencontrer, notamment ceux qui prennent le chemin de Compostelle et utilisent les gîtes. En général ils préfèrent acheter leur nourriture dans les épiceries ou chez l'habitant.
Nous repartons du Monastier par le GR70, d'abord goudronné, puis sur un sentier agréable. Nous commençons à trouver des dénivelés importants...nous montons jusqu'à 1020m, puis redescendons à 600m, ensuite nos remontons à 900m...
Les chemins sont remplis d'eau ...c'est très humide et des sources coulent le long des sentiers, ce qui ne plaît pas à Marius ! Si vous avez suivi nos aventures précédentes, vous devez savoir que cet âne n'aime pas mettre ses sabots dans l'eau. Sa maman a du lui apprendre quand il était petit de ne pas salir ses chaussures car il a horreur de ça. Alors il essaie de passer sur les bords, et quand le chemin est barré par un petit cours d'eau, il le saute carrément !!!
Les pieds dans l'eau , nous sommes donc passés par le petit village de Courmacès, puis sur un chemin de terre qui nous a conduit jusqu'à St Martin de Fugers, autre petit village avec un bar. Mes compagnons de route ( le groupe de randonneurs rencontrés le matin) continuent sans moi, sauf le monsieur Ch'ti qui m'attend. Et heureusement, car un peu plus tard, sur le sentier, j'ai fait une chute et suis tombé en avant et sur le côté ! Pas de bobo, mais avec mon sac, je ne parvenais pas à me relever et il m'a aidé!!
A Goudet, nous traversons encore une fois la Loire et mon compagnons ch'ti s'arrête là.
J'arrive donc à Ussel vers 21h et trouve un champ bien vert et pas clôturé.
Je ne vois personne à qui demander la permission. C'est un pâturage et Marius est au paradis!!! Je fais toujours attention à ne pas entrer dans des terres cultivées et pour ne pas risquer d'abîmer le champ, je m'installe toujours en bordure et attache Marius non loin de moi. Il y a suffisamment d'herbe pour qu'il n'en manque pas. J'ai quand même marché 29km aujourd'hui ...J'installe donc ma tente et je mange sous un magnifique ciel étoilé avant de m'installer pour une bonne nuit de sommeil !
jeudi 10 mai 2012
Jour 2/ Premiers pas
Nous sommes donc à 3km du Puy en Velay. Debout à 6h ce matin, rangement et nous voilà partis vers la ville.
Une ville d'environ 20 000 habitants, donc pas facile à traverser avec un âne, en raison de la circulation !
Je dois surveiller Marius pour éviter les écarts lorsque les véhicules nous frôlent.
Nous arrivons quand même place du Plot, point de départ traditionnel pour les pèlerins de St Jacques de Compostelle.
Là, j'ai rendez vous avec un journaliste de "La Montagne" pour une interview.
Ensuite, nous allons visiter la cathédrale et c'est l'occasion de discuter avec beaucoup de gens, de distribuer des cartes et voilà déjà quelques petits dons qui arrivent : 13€ autour de la cathédrale.
Vers 13h30, nous repartons en prenant un chemin pour sortir de la ville en direction du petit village de Coubon, situé à 8 km du Puy.Ce n'est pas le chemin de Stevenson, mais celui qu'a emprunté St Jean François Regis, missionnaire du 17ème siècle. Grosse grimpette en partant du Puy et chemin souvent goudronné.
Nous rencontrons un jeune homme d'une vingtaine d'années, de Salon de Provence, qui part faire le pèlerinage et nous faisons un bout de chemin en sa compagnie.
Quelque chose me questionne dans le paysage. Un viaduc en construction que j'ai déjà aperçu hier. Or, je ne vois que des petites routes de chaque côté et je ne comprends pas ce que fait là ce viaduc.En traversant un hameau, j'interroge un habitant qui m'explique que se construit une voie de contournement du Puy, pour relier plus facilement St Etienne à Toulouse.
J'arrive au hameau de l'Ours un lieu vallonné où des ânes et des chevaux paissent dans les champs, un endroit paisible que rien ne vient perturber sauf....ces engins énormes qui tracent les routes de ce fameux contournement ! C'est assez triste et effrayant, ces cicatrices à travers le paysage, et j'imagine déjà le bétonnage qui va suivre ! Nous devons longer le chantier car le chemin est coupé sur une centaine de mètres.
Je réalise aussi qu'ayant pris ce sentier, qui passe à l'Est du Puy en Velay, je peux apercevoir le champ où nous avons dormi hier soir. Il est à 100m à peine à vol d'oiseau !
Le paysage est très typique de la région, avec ses cônes volcaniques, comme de grosses taupinières couvertes de pins au sommet. Ici on appelle ça des "mamelons", ce qui est un peu plus poétique !
A Coudon, nous traversons la Loire, encore une départementale où circulent pas mal de voitures, et je dois gérer Marius pour éviter les embardées.
Il fait chaud. Nous passons le hameau de L'Holme, puis la commune d'Archimaud, en suivant le GR 430.
Nous rencontrons un autre pèlerin...
Cinq kilomètres savant le Monastier, je décide de m'arrêter dans un champ à vaches et je plante ma tente entre les bouses sèches. Ce soir, j'ai une grosse migraine, due peut-être aux cervicales qui sont tiraillées par le sac à dos. Je prends un comprimé en arrivant vers 20h sur notre campement. Je dois aussi mettre ma polaire. La nuit est fraîche... mais mon mal de tête s'est calmé.
Pour Marius, c'est le pied : les chemins sont humides et l'herbe verte et bien grasse.
Il est différent sans Bandit : il panique dès qu'il ne me voit plus. Si je m'éloigne pour aller faire une course par exemple, il se met à braire...Lui aussi a perdu l'habitude de voyager seul !!!
Depuis le champ où nous allons passer la nuit, la vue sur le Velay est magnifique : je peux voir jusqu'à Clermont Ferrant. Je vois aussi le viaduc se détacher dans la lumière extraordinaire de la vallée.
Pays/territoire :
Le Puy-en-Velay, France
mercredi 9 mai 2012
Jour 1/ En route !!!!
Vers 16 heures, Nathalie est déjà la maison avec son van. Une fois encore, Marius rechigne à monter dans le camion : il faut le pousser, le tirer, lui parler gentiment, le rassurer...
A 16h 45, Marius est calé dans le van et nos partons, avec un peu de peine au coeur, de laisser Joëlle et Bandit à la maison.
Nous arrivons au Puy en Velay vers 20H. Marius est trempé de sueur comme chaque fois qu'il est véhiculé, mais plutôt calme. Nous cherchons un pré pour la nuit, problème qui m'inquiétait au départ car après avoir téléphoné dans un camping, un camp scout, aux offices de Tourisme...aucune réponse positive!
Stress du premier jour, car encore dans la vie trépidante, dès le 2ème jour, on fait confiance en la vie, aux rencontres, aux coïncidences...
Et nous trouvons un pré, évidemment, à 3 km du Puy en Velay. L'herbe y est bien verte et le paysage magnifique : vue sur les montagnes d'Auvergne. Il fait frais, mais pas froid. Je monte quand même la tente !
Je reprends mes marques : les sacs à protéger, Marius à attacher...l'essentiel, loin du confort, déjà !
Surprise de la soirée: je suis appelé par l'assistante d'Eric Lange, pour l'émission "Allo la Planète" sur le Mouv'. Elle me demande si je suis d'accord pour un direct vers 21h30. Ben oui, je suis d'accord !
J'aime beaucoup Eric Lange, son émission et ses auditeurs et je suis heureux de discuter avec lui, en toute intimité, tandis que Marius dort, à voix presque basse...Seul ce soir, j'ai un peu de mélancolie et le fait de parler avec lui me fait plaisir !!! Certes, je ne suis pas au bout du monde comme nombre des auditeurs, mais je suis déjà très dépaysé. J'entends les grillons, les oiseaux ... je réalise que tout ça est vital pour moi.
Demain matin, je traverserai Le Puy en Velay d'où partent deux sentiers : l'un est celui du pèlerinage de St Jacques de Compostelle, à l'Ouest, l'autre celui de Stevenson au Sud. Je pars vers le Sud, direction Le Monastier sur Gazeille, par le chemin de St Jean François Régis...
George Sand a parlé du Velay en termes admiratifs : " Ce n'est pas la Suisse, c'est moins terrible, ce n'est pas l'Italie, c'est plus beau ! " ( extrait de son roman : "Le Marquis de Villemer")
J'ai quelques jours pour confirmer !!!
Enfin il y est ...mais positionné à l'envers..va falloir le faire se retourner, non sans mal! Réticent, le bougre !!!
Heureusement, Nathalie est une vraie pro, elle connaît bien les chevaux et les ânes et elle ne stresse pas.
On va y arriver !!
A 16h 45, Marius est calé dans le van et nos partons, avec un peu de peine au coeur, de laisser Joëlle et Bandit à la maison.
Pas content, content, le Marius !
Stress du premier jour, car encore dans la vie trépidante, dès le 2ème jour, on fait confiance en la vie, aux rencontres, aux coïncidences...
Et nous trouvons un pré, évidemment, à 3 km du Puy en Velay. L'herbe y est bien verte et le paysage magnifique : vue sur les montagnes d'Auvergne. Il fait frais, mais pas froid. Je monte quand même la tente !
Je reprends mes marques : les sacs à protéger, Marius à attacher...l'essentiel, loin du confort, déjà !
Surprise de la soirée: je suis appelé par l'assistante d'Eric Lange, pour l'émission "Allo la Planète" sur le Mouv'. Elle me demande si je suis d'accord pour un direct vers 21h30. Ben oui, je suis d'accord !
J'aime beaucoup Eric Lange, son émission et ses auditeurs et je suis heureux de discuter avec lui, en toute intimité, tandis que Marius dort, à voix presque basse...Seul ce soir, j'ai un peu de mélancolie et le fait de parler avec lui me fait plaisir !!! Certes, je ne suis pas au bout du monde comme nombre des auditeurs, mais je suis déjà très dépaysé. J'entends les grillons, les oiseaux ... je réalise que tout ça est vital pour moi.
Demain matin, je traverserai Le Puy en Velay d'où partent deux sentiers : l'un est celui du pèlerinage de St Jacques de Compostelle, à l'Ouest, l'autre celui de Stevenson au Sud. Je pars vers le Sud, direction Le Monastier sur Gazeille, par le chemin de St Jean François Régis...
George Sand a parlé du Velay en termes admiratifs : " Ce n'est pas la Suisse, c'est moins terrible, ce n'est pas l'Italie, c'est plus beau ! " ( extrait de son roman : "Le Marquis de Villemer")
J'ai quelques jours pour confirmer !!!
mardi 8 mai 2012
J-1... Le départ approche...
Le départ approche... L'excitation monte... L'envie grandissante de vivre cette nouvelle aventure me rend fébrile. Je suis vraiment très impatient de prendre enfin les chemins de traverse et mettre pendant 18 jours, ma vie de "dingue" entre parenthèses pour profiter, deux semaines durant, d'un moment privilégié au rythme du pas de l'âne... Sans courir, sans stresser, sans speeder, sans pointer... Juste profiter de ce que la Nature nous offre et des rencontres qui nous attendent sur les sentiers. Juste ouvrir les yeux et admirer, contempler, s'émerveiller... et chaque soir, vous faire partager cette aventure à travers ce carnet de voyage...
Sur Radio M... Montélimar !
H-2 e des brouettes
On est dans les temps... Équilibrage des sacoches des ânes, vérification des sacs à dos, dernier inventaire, contrôle des trousses de secours, ... Je suis prêt... enfin presque !!
Bon petit détail : je ne sais toujours pas où l'on va dormir au Puy en Velay... J'ai fait une tentative au camping municipal, au camp de scouts, ... On verra bien !!!
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